Lundi 22 février 2010 1 22 /02 /Fév /2010 17:41
 PENSÉE UNIQUE :

Dans l'esprit de la pensée unique, ceux qui nous gouvernent depuis la fin des années 70, qu’ils soient de gauche ou de droite, ont fait de l’inflation un tabou. La moindre stratégie Economique qui en admettrait la perspective sert de repoussoir absolu pour les libéraux et pour le patronat. Ils s’appuient sur un argument qui paraît indéniable à première vue : l’inflation serait préjudiciable à l’ensemble de la population car elle diminue drastiquement son pouvoir d’achat.

Inflation veut dire augmentation des prix, ce qui semble être effectivement synonyme de baisse de pouvoir d’achat pour la population et surtout pour les classes défavorisées. Ce que l’on ne nous dit pas c’est que le préjudice l’est davantage pour les prêteurs, banques et financiers. Pour comprendre le mécanisme le mieux est de revenir à un modèle extrême, celui des années 1920 en Allemagne, qui ont suivi l’armistice de 1918. L’inflation avait une allure exponentielle, celle où la population voyait fondre la valeur de sa monnaie de plus en plus vite. En effet, parmi les conditions de la capitulation allemande, figurait une clause de remboursement des dommages de guerre que le vaincu devait payer aux vainqueurs, en l’occurrence à la France et à l’Angleterre. Comment un pays exsangue, qui avait tout mis dans la grande industrie pour répondre à l’effort de guerre, pouvait-il faire face à cet engagement qui était considérable ?

La solution évidente pour régler cette dette était d’émettre de la monnaie : fabriquer des D.M, avec la planche à billets. Or, on sait que plus il y a de monnaie en circulation (pour la même production) moins chaque unité, ainsi divisée de la masse monétaire, a de valeur. La masse monétaire que l’Allemagne payait aux vainqueurs a été réintroduite sur place : en effet qui aurait voulu de cette monnaie ? Il était logique pour les producteurs et commerçants qui avaient du mal à faire face aux besoins de la population, pour compenser la perte de la valeur de leur marchandise, d’augmenter leur prix à chaque nouvelle baisse de la valeur du D.M.  Ce fait permanent, incitait par là même à la montée des prix par anticipation. Et ainsi de suite dans un cycle devenu infernal : plus la valeur du D.M baissait, plus les prix montaient. Par effet boomerang, les producteurs, pour maintenir leur profit devaient également monter leurs prix dans les mêmes proportions.

Tout le temps que le flux de remboursement aux alliés se poursuivait, cette course à la fabrication de monnaie continuait. Faisant perdre de sa valeur, de plus en plus rapidement au D.M. au point qu’on a vu des consommateurs remplir des brouettes de billets pour faire leurs courses quotidiennes. Bien entendu, les ouvriers de l’industrie de guerre, non encore reconvertie en industrie de production traditionnelle, ainsi que les militaires démobilisés ne trouvaient pas de travail. Ce chômage excessif accentuait la faiblesse de la production qui poussait également à l’inflation des prix. Dans un tel contexte, ceux qui travaillaient, devant la perte du pouvoir d’achat de leur salaire, ont vainement tenté d’obtenir des augmentations de la part d’un patronat dont le capital avait généralement disparu. D’où une profonde misère qui a duré jusqu’à ce que la France et l’Angleterre, devant un tel désastre acceptent d’arrêter la demande de remboursement avant son échéance. L’Allemagne a pu ainsi se redresser, refaire partir sa production, notamment dans l’industrie lourde, y compris l’industrie de l’armement avec ce qu’on sait des suites : la deuxième guerre mondiale.

On comprend que l’Allemagne a toujours tout fait pour éviter d’entrer à nouveau dans un pareil cercle vicieux, notamment en faisant de sa monnaie, et pour les mêmes raisons, celle de l’Euro qui l’a remplacée, une monnaie stable et forte, en évitant toute augmentation importante de la masse monétaire.

La France, pour des raisons différentes a connu également une période inflationniste. Celle des trente glorieuses de 1945 à 1975. L’augmentation de la masse monétaire en circulation venait, contrairement à l’exemple précédent, des liquidités du plan Marshall, de prêts et dons. Le développement fondé sur la demande, passait par les investissements dans tous les domaines, mais en particulier dans le bâtiment, entraînant certes une inflation importante allant jusqu’à deux chiffres, mais sans commune mesure avec l’exemple précédent, car étalé dans le temps. Le retour des prisonniers de guerre, les énormes besoins de reconstruction, devaient être satisfaits par les entreprises qui ne pouvaient qu’engager les ouvriers et employés, pour faire face à cette forte demande de production. Ils ont obtenu les salaires qui augmentaient au fur et à mesure que la production augmentait. C’est dans ce cas la masse salariale qui est la  source de l’augmentation des prix. Or pendant quelques années, après 1950, ces prix ont été bloqués par l’Etat Français, pour éviter l’effet ricochet alternatif entre les deux augmentations, salaire-prix mais à l’avantage du premier car il fallait pouvoir répondre aux besoins de production en hausse permanente. La croissance aidant, le pouvoir d’achat réel des salariés a augmenté pendant les trente glorieuses, en moyenne de 5% par an. On est loin d’une inflation pernicieuse qui défavoriserait les masses laborieuses. 

Par ailleurs, afin de satisfaire la demande de construction et d’investissements industriels, les prêteurs dont les taux d’intérêt étaient assez bas, et sous la contrainte de la Banque de France, ne pouvaient compenser la baisse de la valeur du franc. Ce n’est que plus tard, dans les années 75, estimant qu’ils avaient été lésés, car ils étaient remboursés de leurs prêts en « monnaie de singe », qu’ils ont pu récupérer la perte de valeur de la monnaie, quand les prix et les taux d’intérêt ont été progressivement libérés. 

Ce troisième acteur, le financier-prêteur, va donc inverser la tendance en faisant pression sur les pouvoirs publics pour arrêter l’augmentation du pouvoir d’achat des salariés et de la masse monétaire correspondante. En freinant et bloquant la masse salariale, les banques et organisme prêteurs diminuent en même temps le niveau de la croissance par la demande : l’augmentation de la masse monétaire qui faisait tourner la machine économique a commencé à baisser et le taux d’emploi également. Rappelons que le chômage dans les années 50 à 70 était d’environ 2% et de moins de 8% de 74 à 83. Dans ces conditions, pour maintenir un minimum de croissance, il suffisait de maintenir le pouvoir d’achat artificiellement, en remplaçant le niveau des salaires par l’offre de crédit de plus en plus facilité. Il n’est pas étonnant que par la suite les inégalités se soient accrues : la finance (la rente) qui représentait respectivement environ 30% et la masse salariale 70% de la masse monétaire totale, fasse pencher la balance dans l’autre sens : nous en sommes actuellement à 40%  et 60%.

Les pays émergents récents ont compris que la stratégie fondée sur la demande, quitte à augmenter les salaires nets réels, pouvait leur être appliquée quelles que soit les risques inflationnistes. Il en est ainsi de l’Inde du Brésil actuellement, et  de la Chine. Il en a été ainsi du Japon, de la Corée du Sud…et de la France qui, pendant les trente glorieuses, était également un pays émergent dont la croissance était importante, malgré une inflation souvent à deux chiffres... Les pays  émergents actuels ont une forte croissance, et une inflation faible et même nulle pour la Chine  .

La conclusion s’impose, ou le système repose sur cette dernière stratégie consistant à augmenter les masses monétaires d’origine salariale, (fordisme) ou, au contraire, on admet que ce soit le crédit qui fasse progresser la croissance Economique à l’avantage des fonds spéculatifs et au détriment du pouvoir d’achat réel des salariés. Dans le premier dernier cas, il faut accepter le risque inflationniste. Il suffirait que les pouvoirs publics imposent une régulation des prix et que les taux d’intérêt soient sous contrôle en cas d’emballement.

La BCE pour la zone Euro est l’organisme régulateur de l’inflation. Les pouvoirs publics en contrôlant les salaires réels freinent toute croissance qui serait d’origine fordiste, quitte à ce que le chômage augmente. L’Allemagne, avec sa hantise historique de l’inflation, ne semble pas prête à en accepter la perspective, même si ce n’est plus qu’un prétexte : tous les économistes de nos gouvernements n’ignorent pas qu’il s’agit plus d’un chiffon rouge qu’un risque réel. En misant uniquement sur le crédit à tout va, pour les particuliers, comme pour les Etats, la doctrine économique qui a entraîné la plupart des pays développés au bord du gouffre. Comme c’est dans la nature même du crédit que de rechercher le profit maximum, il n’est pas possible de le réguler à terme, les mêmes causes produiront les mêmes effets.

Quant aux dévaluations possibles, elles n’ont pas que des inconvénients : pour l’import-export en particulier, une monnaie affaiblie éviterait les délocalisations et freinerait les importations ultra-concurrentielles préjudiciables à la production interne. Mais toujours dans la pensée unique, les tenant d’une monnaie forte, ont propagée l’idée que les dévaluations étaient en quelque sorte infamantes, faisant croire qu’à une monnaie faible correspondait à un pays faible.

La séparation de certains pays de la zone Euro permettrait, en sortant de la tutelle de la BCE et des obligations du libre-échangisme, d’adapter leurs Economies à leur situation réelle et …si les pouvoirs politiques le voulaient (?), d’inverser la tendance au chômage, qui, par un certain retour des choses, est devenu, lui, exponentiel à la place d’une hypothétique l’inflation.
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Lire : http://socio13.wordpress.com/2010/02/21/l%e2%80%99horizon-de-la-presidentielle-de-2012-et-le-piege-de-la-personnalisation-du-debat-par-jacques-sapir/

Par Peretz
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Mercredi 16 décembre 2009 3 16 /12 /Déc /2009 16:16
LES MARCHÉS ET LES MASSES MONÉTAIRES

En Economie, il existe trois marchés principaux, que l’on peut assimiler à des systèmes en mouvement permanent. Le premier celui de la consommation, est double, à la fois marché de production et monétaire.

Le second, celui des entreprises entre elles, est également monétaire, mais la production y est présente seulement au niveau de la préparation à la consommation après transformations des produits. Ce qui est leurs rôles d’intermédiaires. Les échanges se font majoritairement entre les entreprises elles-mêmes, en monnaie scripturale juste avant la mise sur ce marché des produits ou des services. C’est celui qui alimente la partie « offre » du marché précédent.

Le troisième marché, celui de la spéculation, est uniquement financier.

Ces trois systèmes monétaires ont des fonctionnements différents. Ils dépendent des acteurs qui ont le pouvoir de leur donner les impulsions nécessaires. Ils ont des effets secondaires, comme c’est le cas pour tout système, qui, cumulés, génèrent des inconvénients qui leur sont propres et surtout imprévisibles. Inconvénients qui dégénèrent en crises. Ainsi sur le marché de consommation, qu’on peut appeler primaire ou de premier degré, un excès ou un manque de production matérielle génère des effets secondaires dérégulant le système monétaire tel que l’inflation ou la baisse du pouvoir d’achat des consommateurs au regard de l'offre, conduisant à l’augmentation du chômage.

Dans un second marché, celui des échanges de marchandise ou de services entre entreprises de production ou de transformation circule la masse monétaire, scripturale, en provenance ou destinée au marché primaire. Là également les contrecoups se font sentir, dans un contexte de concurrence selon la loi dite naturelle aux marchés, de l’offre et de la demande, qui élimine les plus faibles ou au contraire propulse les plus forts à des niveaux de plus en plus élevés.

La monnaie peut être thésaurisée après distribution des plus-values ou investie en interne (autofinancement) pour retourner ensuite sur le marché de premier degré. Mais elle peut s’échapper pour s’investir dans des monnaies étrangères, exportation et délocalisations.

 Celles-ci peuvent également remonter dans la masse monétaire de ce qu’on peut appeler le marché du troisième degré, celui des financiers, pour engranger des plus-values supplémentaires dont le niveau, mondialisé, est devenu exponentiel.

Libellés ou non dans une même monnaie, les marchés communiquent donc en permanence entre eux à travers leurs masses respectives.Or si un excès du rendement sur le marché spéculatif induit un surplus qui le dévaloriserait en le gardant en interne, par ce seul besoin de compensation, pour ne pas perdre de l'argent, comme on sait quand il dort, la perte potentielle sera automatiquement compensée par de nouveaux prêts à des taux d’intérêt calculés au miniomum à ce niveau. Or les grandes entreprises n’investissent plus en interne (peu de recapitalisation), trouvant plus rapide un rendement purement spéculatif. D’où cet enrichissement automatique mais toujours nominal. Ce qui serait sans incidence tant qu’il n’y a pas intrusion importante sur les deux autres marchés, des liquidités en question.

Ces vases communicants, peuvent déborder les uns sur les autres de façon incontrôlable. D’où les crises monétaires, et les dévaluations qui en découlent. Car les barrages des taux de change varient. A moins d’être fixés autoritairement entre les pays, ils peuvent  modifier parfois brutalement la masse monétaire d’un pays. Sauf entre la Chine et les U.S.A. où le taux de change se maintient au même niveau depuis un certain temps, par accord tacite.

Si les antagonismes sont faciles à comprendre sur le marché du premier degré, pouvoir d’achat contre finance par exemple, dès que l’on se trouve sur les autres marchés les seuls mouvements qui s’opposent sont ceux des enchères, celles d’une course au meilleur rendement financier. Il n’échappera pas à personne que dans ce cas, la violence des concurrents est moindre que dans le marché de premier niveau où les oppositions sont d’origine totalement différente : masse salariale des travailleurs contre la finance patronale. D’où la lutte de classes et des rapports de forces politiques.

Les problèmes actuels viennent du fait que les masses de troisième degré sont énormes : elles doivent en quelque sorte se poser (s’investir) sur les marchés inférieurs pour se concrétiser. Comment en effet donner une valeur à une monnaie sinon la confronter à l’économie réelle, c’est-à-dire acheter des biens.  Sinon, il s’agit d’une richesse potentielle qui n’a rien à voir avec l'ancien« bas de laine »  de nos grand-mères qui existait sous forme de monnaie sonnante et trébuchante.  Or les fonds de ce marché spéculatif ne sont représentés que par 8% de valeur réelle sous forme de réserve d’actifs obligatoires tels que, qui peuvent s’investir, dans l’économie réelle, là où ces biens sont les plus nombreux et les plus sûrement concrets et durables. Bien entendu ces fonds, fonds de retraite, fonds d’investissements, ne vont pas s'investir dans les pays pauvres : à quoi servirait d'acheter une oasis et trois palmiers quand on dispose de milliards de dollars ? Ils retournent forcément sur les marchés des pays riches. Toutefois, ces investissements vont de moins en moins s'investir sur le marché de premier degré, pour ne pas induire une inflation incontrôlable, comme on sait préjudiciable aux financiers. Quand ils s’y introduisent c’est sous forme de prêts, mais pas trop brutalement : sinon c’est la crise par excès de liquidités (inflation). Sous contrôle  toutefois par les banques centrales, maintenant autant que possible la masse salariale au plus bas niveau possible. Le mieux pour les financiers, c'est de continuer à faire fructifier leur argent. D'où l'augmentation, jusqu'à la crise, des masses monétaires qui restent encore énormes et disponibles, mais sans autre utilité que la distribution indécente à des minorités bien placées.. D'où les crises dès qu'elles perturbent les équilibres des marchés.

EN FINIR AVEC LES CRISES

Réguler tous ces flux semble primordial, mais évidemment impossible si aucun barrage légal n’existe entre ces masses de liquidités, principalement si au niveau mondial les mouvements de fonds aussi considérables sont libérés. C’est en se plaçant sur le marché immobilier, dans des conditions où la solvabilité des acheteurs ne pouvait garantir la valeur de ces investissements que la bulle des subprimes a éclaté. Les derniers barrages régulateurs, ceux des pays européens, qu’il aurait pourtant été utile de maintenir, n’existent plus depuis des décennies et ne seront pas abrogés après la crise. En libérant les mouvements de fonds au niveau international, l'article 56 du traité de Maastricht réitéré par des articles 63 du récent traité de Lisbonne, les gouvernements responsables de sa ratification ont joué les apprentis sorciers : « toutes les restrictions aux mouvements de capitaux entre les États membres et entre les États membres et les pays tiers sont interdites »

D’où notre proposition d’établir des monnaies différentes pour chacun des marchés, avec des taux de change variables, mais réglables selon l’importance des pressions exercées entre elles. Le Franc pour le marché du premier degré, l’Ecu pour celui du deuxième degré, l’Euro pour le dernier. A noter que l’Ecu a déjà été utilisé pour les échanges entre certains pays européens, dont la Gde Bretagne. A condition toutefois que les taux de ces monnaies soient entièrement contrôlés par des organismes étatiques, évitant dans ce cas, que ce soient les lobbys, économiques, financiers et politiques qui manipulent les forces de ces systèmes en présence, pour que cela se fasse dans le sens de l’intérêt général et non dans celui de la finance internationale. Protectionnisme diront certains. A quoi on peut répliquer comme Frédéric LordonJacques Sapir, et Maurice Allais qu'on n'en est jamais réellement sorti, et que chaque pays à un Economie qui lui est propre, ne serait-ce que par sa façon de gérer les budgets publics. L'Euro a masqué les différences, mais contrairement à ce que certains clament, les pays de la zone Euro, subissent ou vont subir autant les conséquences de la crise que ceux qui n'y sont pas entrés. Ceux qui résistent le moins bien sont l'Espagne, le Portugal, la Grêce qui pourtant ont bénéficié en son temps de leur appartenance à l'U.E. Voir également, pour donner au peuple le pouvoir forcer les pouvoirs politiques d'instaurer un tel système économique : www.citoyenreferent.fr

Par Peretz
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Lundi 29 décembre 2008 1 29 /12 /Déc /2008 20:05
Pourquoi l’Europe ?

A l’origine elle a été conçue pour un  « plus jamais ça » après la 2 e guerre mondiale. C’était une vision défensive et non progressiste. Il fallait reconstruire, panser ses plaies, et surtout se retrouver à nouveau prêt à faire face au communisme qui venait de montrer sa puissance face au fascisme italo-allemand : c’est en grande partie « contre » à un tel retour, que l’Europe a été décrétée. Avec la même idée sous-jacente, que ce sont les différents antagonismes économiques des pays de l’Europe de l’ouest et du centre, qu’il fallait proscrire :’  l’espace vital » pour l’Allemagne (pour la Ruhr) était l’origine économique de cette guerre. L’alliance des grands pays européens a commencé avec la CECA qui, on le sait, était une coopération charbon-acier entre la France et l'Allemagne.

On se retrouve à nouveau devant un problème économique, dans une Europe de même sorte, artificiellement réunie pour cette fois faire face aux U.S.A, puissance hégémonique militaro-économique. A nouveau une Euro (ex D.M.)mais, liguée contre » le dollar, C’est donc une Europe faite de bric et de broc, qui n’a, à mon humble avis, aucun avenir, d’autant plus, que sa population vieillit. Je crois qu’on entre dans un lent déclin, avec peut-être quelques soubresauts favorables  après la récession qui finira bien un jour. Déclinologue me dira-t-on ! Je réponds : et alors ? La roue tourne.Un lent déclin n’a rien de catastrophique si l’on considère qu’il s’agit d’un simple ralentissement dans la progression d’une économie qu’il faudra gérer au mieux. Le seul progrès qui vaille, et ce n’est pas rien, est celui de la médecine.

Je rappelle que les civilisations grecques et romaines ont disparu depuis quelques siècles, sans que ni Rome ni Athènes en soient restées au niveau économoco-social du temps de leurs hégémonies impériales.En revanche, pour amortir socialement ce déclin économique, il faudra revenir à une société décente, comme le dit J.C. Michea, c’est-à-dire, une conception politique adaptée à la France, à ce qu’elle a su faire de mieux, une République des valeurs, notamment de solidarité, ce qui ne semble pas être le cas depuis qu’elle est entrée dans une Europe libérale.
Par Peretz
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Mercredi 10 décembre 2008 3 10 /12 /Déc /2008 15:36
Il y a deux points de vue sur la crise, le niveau mondial, et ses conséquences au niveau national. Dans le premier cas, comment éviter par la suite un retour encore plus catastrophique, en en tirant les leçons ?  Ce sont les diverses régulations annoncées, sans compter la nécessité de revoir les accords de Bretton Woods comme le dit Jacques sapir, qui ont accordé la priorité au dollar comme devise de référence. L’autre façon de voir, consiste à examiner la meilleure manière pour chaque pays de sortir de la récession, selon ses propres caractéristiques économiques, chacun devant prendre les mesures adéquates pour éviter les graves conséquences sociales en cours, mesures pouvant aller jusqu’à un retour, à un repli sur soi, pour ne pas dire à un certain protectionnisme. A noter que le protectionnisme est dans ce cas une conséquence et non une cause de la crise comme d’ailleurs dans les années 1930. Contrairement à ce que disent les ultralibéraux européanistes convaincus à qui évidemment le mot protecionnisme fait peur, l’Euro n’a pas montré qu’il était une sauvegarde pour ceux qui l’ont adopté. Il se trouve seulement que ce sont les pays anglo-saxons qui ont toujours eu des engagements financiers les plus forts au niveau mondial, qui en subissent maintenant les conséquences les plus marquantes.

P
OUR SORTIR DE LA CRISE

Tout le monde le savait, mais en général personne ne le disait : l’économie normale ne fonctionne que sur la valeur travail. C’est pour l’avoir oublié que nos classes dirigeantes nous ont enfoncé depuis des décennies. Elles ont poursuivi sereinement la politique de l’offre décrétée par les pays anglo-saxons (consensus de Washington) et appliquée également en Europe, en particulier en France depuis 1983 et confirmée par les traités européens. Le dogme du libéralisme s’est senti des ailes dans les années 90 quand l’exemple du soviétisme a montré que la planification économique issue du dogme marxisme, avait prouvé son inefficacité. La propriété des moyens de production ne pouvait plus se concevoir comme appartenant en totalité à l’Etat. D’après eux, seule la libre entreprise, dans un marché autorégulé pouvait apporter la prospérité aux populations. Le problème est qu’un système qui fonctionne sans régulations (en Europe depuis le traité de Maastricht) produit des effets pervers qui risquent de le démolir à coups de crises, jusqu’à le faire exploser.

RÉGULER ?
Certains pensent maintenant, qu’il n’y aurait plus qu’à attendre que l’orage passe, pour réparer les dégâts, à la lumière de la dernière crise, retaper le système et à nouveau relancer la machine en faisant attention à freiner les mouvements de capitaux et autre excès financiers. Ce qu’ils appellent réguler. Tout le monde pense, et c’est possible, que si le système capitaliste disparaissait entièrement on aurait obligatoirement un système totalitaire à la soviétique. Les deux systèmes semblent désormais aussi dangereux l’un que l’autre. Il y aurait pourtant une solution, qui consisterait à instaurer un système intermédiaire, : entre le tout libéral, même régulé provisoirement, et le marxisme intégral. Cela consisterait à obliger les entreprises et le système financier à se rattacher à la valeur travail-temps : un vrai plan de relance dans lequel le pouvoir d’achat ne serait plus dopé artificiellement par le crédit facile comme il l’a été, mais par un crédit bien tempéré, comme l’indique l’expression « payer à tempérament ’ .

 Nécessaire mais pas suffisant. En effet, la soif du profit est inéluctable dans un système capitaliste où l’argent rapporte en tant que tel grâce aux taux d’intérêt. Un vrai plan de relance consisterait à mener une politique de la demande, c’est-à-dire augmenter très sensiblement les bas revenus, immédiatement, ne serait-ce que pour parer à l’urgence. Seule façon de remplacer les liquidités manquantes à cause de la restriction du crédit, par un afflux de liquidités qui, comme on le sait, sont le moteur de la croissance économique. Les investissements dans la production ont été oubliés parce que leur rentabilité était trop lente, comparée aux investissements dans le capital, rapidement accumulés par la loi de l’offre, par le crédit cette monnaie fictive. Le travail à la base est lié au temps. Malheureusement, aux yeux des classes possédantes, il ralentit la rente de ceux en particuliers qui possèdent la finance, comme les grandes entreprises et les banques.

SOLUTIONS PROVISOIRES
Une façon de renouer avec l’activité immédiatement, celle qui consiste à baisser les prix à la consommation, est la diminution de la TVA comme en Grande-Bretagne. Mais cette solution est en trompe l’œil, car son incidence sur le pouvoir d’achat peut être nulle : les produits baissent de prix certes, mais cela ne fait que reporter le type du produit acheté dans une gamme offerte. Autre solution (?) en Belgique une deuxième voiture, petite, est offerte pour l’achat d’un gros modèle. En France c’est la prime à la casse. Dans les deux cas c’est faire baisser le curseur, mais l’incitation à l’achat ne fait pas varier le budget initial de l’acheteur. L’acheteur a gagné en qualité en entant en possession d’un objet qu’il n’aurait pu acheter auparavant avec la même somme d’argent. Toutefois ces systèmes ont l’avantage non négligeable, selon le niveau de la baisse artificielle des prix, de faire monter les ventes en volume car le nombre d’objets qu’on peut se permettre d’acheter augmente. Il permet de faire tourner les chaînes de production ce qui peut peut-être maintenir l’emploi, provisoirement.

Malgré tout, rien ne prouve que ce geste soit systématique de la part de l’acheteur. Il peut décider de « faire des économies » en gardant la différence entre la somme avant et après que le prix a baissé, simplement en ne changeant pas sa décision préalable. Le PIB ne fait qu’augmenter en volume : les entreprises peuvent produire plus, mais leur chiffre d’affaires reste le même. On n’a toujours rien injecté dans l’économie : donc pas de croissance économique. Le budget des ménages n’ayant pas augmenté, les liquidités qui permettaient de faire progresser le PIB, ne le fait pas bouger ou le laisse régresser. D’autre part la charge de la baisse des impôts est reportée sur le budget de l’Etat, donc c’est un « prêté pour un rendu » : les impôts seront raugmentés plus tard, à moins le laisser filer le déficit budgétaire, et la dette qui va avec.

Les gouvernements savent pertinemment que ces mesures consistent à ponctionner la population, tôt ou tard, plutôt que les entreprises, mais préfèrent pourtant cette solution plutôt qu’augmenter les impôts de ces dernières… pour ne pas les fâcher. Les patrons menacent de licencier si l’on ose ponctionner leurs bénéfices. Pourtant ce ne serait que justice, en tout cas pour les plus importantes d’entre elles., C’est la course aux bénéfices, notamment de leurs actionnaires, qui a entraîné la crise.

Toujours pour rester dans la relance par la consommation, il est possible de diminuer les impôts sur les revenus. Cette fois les économies réalisées par la population leur donnent un pouvoir d’achat réel qui se traduit par une augmentation du budget disponible. Cela a été fait, mais surtout en faveur des plus fortunés, qui, eux sont susceptibles de placer ce pactole ailleurs que dans l’économie réelle. D’autre part ceux qui ne payent pas d’impôts sont défavorisés à moins qu’ils reçoivent une compensation financière correspondante. On retrouve l’inconvénient de reporter l’effet à plus tard, en même temps qu’il augmente le déficit budgétaire. Alors que, comme on l’a dit, augmenter les revenus les plus bas, en espèces, permettrait de relancer la machine.

Si cette mesure déplace l’effort vers les entreprises qui verraient leurs bénéfices diminuer à cause de la nouvelle charge, il aurait en contrepartie, l’avantage de procurer des ressources nouvelles en impôts sur le revenu. Il serait possible, pour compenser cette nouvelle charge pour les entreprises de l’alléger en partie à condition que ces dernières investissent dans leur entreprise et/ou que l’Etat le fasse ou incite à le faire dans le domaine écologique (comme cela semble être le cas aux U.S.A avec la voiture verte). On augmente du même coup le PIB (la croissance) par les liquidités qui proviennent des achats de ces salariés (et petits retraités), et des investissements des entreprises.

UNE VRAIE RELANCE
Quant au risque inflationniste, il est faible étant donné que les prix ont peu de chances de s’envoler : les ressources de production sont dans l’ensemble suffisantes pour que l’approvisionnement puisse se faire en volume sans incidence. Cette solution fait porter l’effort de remise en état de l’économie sur les entreprises. Il y a à parier que ce geste vu comme un retour à une certaine justice sociale, entraînera l’Economie comme un catalyseur en redonnant la confiance. Ce n’est pas une solution dictée parle seul souci de justice sociale due à l’influence d’une idéologie partisane, mais c’est le seul moyen par simple logique économique, de prendre, en France du moins, une véritable mesure de relance, qui ait une chance de réussir. Cette crise pourrait être une occasion inespérée de réconcilier le social avec l’économique. Une certaine inflation pourrait en être la conséquence. Il suffirait alors de dévaluer le Franc, (réinstallé comme monnaie nationale, en plus de l’Euro comme monnaie internationale), dévaluation compétitive qui aurait l’avantage de réajuster notre économie réelle, notamment d’arrêter la course à la délocalisation et de diminuer la dette. Inutile de demander à Sarkozy de prendre des mesures dans ce sens, même s’il le voulait (peu probable), il n’en a pas le droit, à cause des traités européens. Ils sont il est vrai déjà en partie transgressés (critères de convergence oubliés, aides aux banques). Ce qui confirme que les traités ne sont que ce qu’ils sont, des accords circonstanciels. Démonstration par l’absurde que l’Europe s’est engagée sur une mauvaise voie par pur esprit de compétition. Il n’est pas trop tard d’en revoir certaines dispositions, et la remettre sur les rails dans une bonne direction, à condition que nos politiciens en aient la volonté, ou, qui sait ?, qu’on les force à le faire, par exemple en adoptant, déjà en France, une nouvelle constitution qui redonnerait la main au peuple souverain. (www.citoyenreferent.fr). Citoyen Louis Peretz
Par Peretz
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